

ASALEE est un acronyme qui signifie : Action de Santé Libérale en Équipe.
Ce dispositif, porté par une association loi 1901 (Association ASALEE), a pour but d’améliorer la prise en charge des maladies chroniques en médecine de ville.
Un protocole de coopération permet des délégations d’actes ou d’activités des médecins généralistes vers des infirmières déléguées à la santé publique (IDSP), au sein d’un cabinet médical.
Qu’est-ce qu’une infirmière ASALEE?
Qu’est-ce qu’une infirmière ASALEE ?
Une infirmière ASALEE est une infirmière diplômée d’État qui travaille en étroite collaboration avec le médecin généraliste, au cœur du parcours de soins du patient.
Son rôle est centré sur :
- la prévention,
- l’éducation à la santé,
- l’éducation thérapeutique du patient (ETP),
- et l’amélioration du suivi des maladies chroniques.
Les consultations sont réalisées en individuel ou en groupe, sur orientation du médecin traitant, avec pour objectif de renforcer l’autonomie du patient, d’améliorer l’observance des traitements et de prévenir les complications.
Bref historique du dispositif ASALÉE
Le dispositif ASALÉE voit le jour en 2004, à l’initiative d’un médecin généraliste, Dr Jean Gautier, et d’un ingénieur spécialisé dans les systèmes d’information médicale, Amaury Derville, avec l’appui de médecins de santé publique, dont le Pr Stéfan Darmoni.
Le concept repose sur l’intégration d’une infirmière spécifiquement formée, travaillant en coopération avec des médecins généralistes, afin d’améliorer la prise en charge globale des patients atteints de maladies chroniques ou présentant des facteurs de risque.
Grâce à l’éducation thérapeutique, ce projet permet notamment :
- un suivi plus approfondi, avec un temps d’écoute renforcé ;
- le développement de l’autonomie du patient dans la gestion de sa santé au quotidien.
L’infirmière occupe alors un rôle central d’interface entre le patient et le médecin, en facilitant la compréhension, le lien et la continuité du parcours de soins.
Un dispositif en constante évolution
- 2004–2008 : expérimentation et déploiement initial dans les Deux-Sèvres, avec structuration du dispositif et création de l’association.
- À partir de 2008, puis surtout dès 2012 : extension régionale puis nationale, avec un soutien renforcé de l’État et une stabilisation des financements.
- Depuis 2022 : le dispositif est présent dans tous les départements français, avec plus de 9 000 médecins et 2 000 infirmières impliqués.
Cette organisation permet une prise en charge plus globale des patients, une meilleure prévention et une diminution du recours aux hospitalisations évitables, tout en améliorant les conditions d’exercice des professionnels.
Comment s’organisent les infirmières ASALÉE ?
Les infirmières ASALÉE suivent des formations spécifiques aux différents protocoles, ainsi qu’à l’éducation thérapeutique et à l’entretien motivationnel.
Ces formations sont également ouvertes aux médecins partenaires.
L’organisation repose sur :
- des réunions de secteur régulières (environ toutes les 6 semaines),
- des temps d’échanges interprofessionnels,
- des analyses de pratiques, avec des intervenants spécialisés.
Les patients sont orientés par leur médecin traitant. Lors de la consultation, l’infirmière ASALÉE :
- présente le cadre de son intervention,
- réalise un bilan éducatif partagé,
- définit avec le patient des objectifs personnalisés,
- assure la traçabilité des données sur les outils dédiés (ASALÉE et dossier médical du médecin).
L’entretien motivationnel est au cœur des consultations, afin de favoriser l’adhésion du patient et l’évolution durable de ses comportements de santé.
Pour quelles pathologies ?
Les infirmières ASALÉE interviennent notamment pour :
- le diabète de type 2,
- les risques cardiovasculaires,
- le tabagisme et le repérage de la BPCO,
- les troubles cognitifs,
- les campagnes de dépistage des cancers colorectal et du sein.
De nouveaux champs d’intervention se développent progressivement, comme l’insuffisance cardiaque, l’obésité ou les troubles du sommeil.
Cadre d’exercice et approche
Les infirmières ASALÉE sont complémentaires des soins infirmiers classiques.
Elles interviennent en interdisciplinarité, sans se substituer aux infirmières libérales.
Les consultations, d’environ une heure, se déroulent en cabinet médical ou en maison de santé pluriprofessionnelle.
L’approche est globale, individuelle et centrée sur le patient, en tenant compte de son autonomie, de son rythme et de son environnement.
L’infirmière ASALÉE est un maillon clé de l’alliance médecin – infirmière – patient.
Actes réalisés et prescriptions
Selon les protocoles, l’infirmière ASALÉE peut notamment :
- réaliser des examens du pied, ECG (sans interprétation), spirométries,
- prescrire certains examens complémentaires (biologie, ECG, fond d’œil),
- effectuer des tests de repérage des troubles cognitifs, y compris à domicile.
Devenir infirmière ASALÉE
L’accès au dispositif est possible à partir de 3 ans d’expérience professionnelle.
Les infirmières candidates doivent exercer sur un territoire validé par l’ARS et disposer de médecins partenaires.
La formation comprend :
- des modules cliniques et dérogatoires,
- une formation certifiante en éducation thérapeutique,
- un compagnonnage sur le terrain,
- une formation aux outils numériques,
- ainsi que des modules complémentaires, notamment en prévention du tabagisme.
Statut et rémunération
La majorité des infirmières ASALÉE sont salariées de l’association.
Certaines infirmières libérales peuvent exercer à temps partiel dans le dispositif, en parallèle de leur activité habituelle.
La rémunération nette mensuelle se situe entre environ 1 950 € et 2 600 €, selon l’ancienneté et le temps de travail.
Perspectives
Le profil des infirmières ASALÉE évolue, avec une montée en compétences en éducation thérapeutique et en santé publique.
Le dispositif contribue à renforcer la prévention, à améliorer le suivi des maladies chroniques et à soutenir l’accès aux soins sur l’ensemble du territoire.
